Imaginer l’avenir

Juste avant que l’année se termine, je prends le temps de préciser un peu le point de départ de ma réflexion actuelle et de la recherche que j’amorce.

Je pars de l’hypothèse que ce sont les changements climatiques qui poseront, directement ou indirectement, les plus grand défis pour la plupart des sociétés — et que c’est vrai aussi pour le Québec.

J’ai été marqué il y a quelques mois par les résultats d’un simulateur proposé par le New York Times: parmi tous les endroits pour lesquels j’ai fait des tests, le Québec devrait être un des endroit les plus épargné par le réchauffement.

C’est très bien! Sauf que que cela soulève d’autres enjeux! Si tout se réchauffe et qu’il devient difficile de vivre dans plusieurs grandes villes du monde il y aura beaucoup de monde qui souhaiteront venir s’installer ici… d’autant que le climat sera peut-être même devenu un peu moins rigoureux.

Il faudra donc se préparer à recevoir pas mal de nouveau monde — et à bien le faire… dans l’intérêt et le respect de tous. Je suis sûr que ça se peut.

Il faudra toutefois faire ça dans un contexte où notre société sera aussi déstabilisée par d’autres forces qui pourraient être accentuées par les changements climatiques: inégalités, remise en question de la démocratie, anxiété, etc.

Tout cela ne se passera pas dans les dix prochaines années, bien sûr. Heureusement! Je crois toutefois qu’on doit utiliser la prochaine décennie pour s’y préparer — notamment en revoyant la lecture que nous faisons de l’état de notre société et en actualisant l’analyse que nous faisons des défis permanents de la société québécoise, notamment sur le plan linguistique.

Je commence ma recherche en me disant que les dix prochaines années sont notre meilleure chance pour éviter de devoir subir, par la suite, les conséquences des changements climatiques.

Parce que quand on se met dans l’obligation de réagir sans cesse à des choses qu’on n’a pas su voir venir, on a déjà perdu une partie du contrôle de notre avenir.

Quelle société on veut bâtir avec tous ceux et celles qui souhaiteront s’installer ici? Comment cela pourra s’inscrire dans la continuité du projet social que nous avons courageusement bâti depuis quatre siècles (avec ses réussites et ses échecs)?

Je me dis qu’avoir l’avenir du Québec à coeur aujourd’hui, défendre son autonomie — voire souhaiter sa souveraineté — suppose d’abord d’être capable de se projeter dans l’avenir pour mieux comprendre le monde dans lequel son avenir se dessine. Je pense qu’on a négligé ça depuis beaucoup trop longtemps.

J’ai trouvé intéressant de lire hier un tweet de Martin Koskinen, directeur de cabinet de François Legault, qui qualifiait de «lecture obligatoire», un texte effectivement très intéressant de Steven Pinker dans lequel on pouvait lire:

« even countries that try to hide in a nationalist fortress will increasingly be besieged by crises that are inherently global (…) »

Comment l’avenir du Québec est-il influencé (peut-être même positivement) par la transformation du monde, dans le contexte des changements climatiques?

Comment agir pour garder la possibilité de déterminer (le plus possible) cet avenir (lequel?) au lieu de devoir se contenter de réagir et subir les événements à venir?

Quels gestes faut-il poser maintenant, dans les dix prochaines années, pour cultiver l’optimisme nécessaire à l’épanouissement d’une société?

Je crois que ce seront quelques-unes des questions qui seront au coeur de ma réflexion de la prochaine année.

Photo: événement Imagine Van Gogh, Montréal, l’Arsenal, 30 décembre 2019.

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