Des objectifs à atteindre en dix ans?

Pour explorer un peu la questions qui m’était restée à l’esprit à la suite de la lecture d’Écotopie, je me suis lancé dans la recherche d’exemples de grands objectifs que le Québec (ou le Canada) aurait pu se donner avec un horizon de dix ans dans le passé.

Ça reste un premier survol, mais le résultat me laisse sur ma faim. 

J’aurais particulièrement aimé trouver des discours de politiciens ou de politiciennes qui décrivaient un projet global pour le Québec avec un échéancier de dix ans — un projet qui puisse être stimulant pour l’ensemble de la population. Je n’ai presque rien trouvé. Peut-être que des amis historiens pourront m’aider?

Ce qui s’en approche le plus est peut-être la politique familiale présentée par Pauline Marois en 1997 — qui fixaient des objectifs extrêmement ambitieux, dans un délais même inférieur à dix ans:

«Pour les enfants de 0 à 4 ans, 73000 places seront créées d’ici 2001, dans les centres à la petite enfance qui seront mis en place à partir des services de garde régis déjà existants: une contribution de 5$ par jour par enfant sera demandée aux parents pour y avoir accès. (…) L’instauration d’un nouveau régime d’assurance parentale [visera] à maintenir le revenu personnel disponible pendant les congé de maternité et les congé parentaux, afin de soutenir et de favoriser la venue d’un enfant (…) les travailleurs autonomes y auront accès (…) Pour financer les nouvelles dispositions de la politique familiale (…) l’ensemble des budgets québécois actuellement consacrés à la famille seront réalloués, en tout ou en partie.»

J’ai néanmoins trouvé quelques références à des objectifs un peu plus précis, d’une portée sociale peut-être un peu plus restreinte. 

Lucien Bouchard, le 15 avril 1999, par exemple:

«Le succès actuel du Québec résulte d’une décision collective qui date d’à peine dix ans. Le défi avait un nom : le libre-échange avec les États-Unis. (…) Dix années ont passé. Les résultats sont là et ils ont tout changé. (…) la croissance de nos exportations vers les États-Unis : 155 % en huit ans. Les États-Unis sont maintenant, et de loin, le principal partenaire économique du Québec.»

«Pour la décennie à venir, nous nous tournons vers l’ensemble des Amériques. D’emblée, mon gouvernement a soutenu une zone de libre-échange qui englobe toutes les Amériques. (…) Au total, 300 entreprises québécoises, parmi nos plus grandes, sont actives en Amérique latine. Nous comptons tripler ce nombre au cours des dix prochaines années…»

Ou Jean Chrétien dans le discours du Trône du 30 septembre 2002:

«Nous devons pouvoir compter sur des infrastructures modernes pour assurer la prospérité de nos villes et la santé de nos communautés. De concert avec les provinces et les municipalités, le gouvernement instaurera un programme d’infrastructures s’étendant sur une période de dix ans de façon à permettre la mise en œuvre d’initiatives stratégiques à long terme qui sont essentielles à la compétitivité et à la croissance soutenue. Dans ce contexte, il déposera une nouvelle stratégie portant sur un système de transport sécuritaire, efficace et respectueux de l’environnement qui aidera à réduire la congestion dans nos villes et les embouteillages dans nos axes commerciaux.»

Et Régis Labeaume, avec la Vision 2018-2028 pour la gestion des matières résiduelles de la ville de Québec: 

«La Ville de Québec prévoit non seulement respecter la cible de 70% fixée par le gouvernement du Québec d’ici cinq ans, mais elle va beaucoup plus loin avec son propre objectif de 82 % sur un horizon de dix ans (…) « Soyons honnêtes, c’est très ambitieux. D’ailleurs, la première fois qu’on me l’a présenté, je trouvais qu’on y allait un peu fort. Si on n’accompagne pas correctement [les citoyens], on n’y arrivera pas », a déclaré le maire.» 

Ou Justin Trudeau, qui a proposé de planter deux milliards d’arbres en dix ans à l’occasion de la dernière campagne électorale.

J’ai aussi trouvé des échos à la politique nationale de l’eau, à celle du vieillissement, à la sécurité civile, à la santé publique, au décrochage scolaire, au tabagisme. Il y a évidemment aussi les objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre auxquelles nous nous sommes engagées d’ici 2030 Et plus récemment le plan de transformation numérique du gouvernement.

Mais rien dans tout cela ne me semble pouvoir jouer le rôle d’un phare pour guider les efforts et les investissements de toute une société sur une période de dix ans.

Il y a eu bien sûr des visions à plus long terme — Robert Bourassa décrivant le développement de la Baie James comme le projet du siècle, les conclusions du rapport de la Commission Parent sur l’éducation, etc. — mais je suis à la recherche d’exemples d’énoncés de projets ou d’objectifs qui permettraient d’illustrer, de définir ou de circonscrire ce qu’on pourrait faire de la prochaine décennie.

Je me trompe de cible? Je passe à côté de quelque chose?

Qu’en pensez-vous?

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