Nouveau projet?

J’ai été abonné au magazine Nouveau projet. J’ai apprécié… puis un peu moins… et j’ai finalement cessé de m’y réabonner, n’achetant qu’un numéro de temps à autres.

Je me suis souvenu ce matin que le dernier numéro proposait un bilan de la décennie. Il fallait certainement que je lise ça pour alimenter la réflexion que j’entreprends.

Je l’ai acheté, téléchargé, lu.

Ouf! — comment un magazine qui met en couverture autant de personnes que j’admire et que je trouve inspirantes peut offrir à ses lecteurs une telle dose de pessimisme?

L’introduction de Nicolas Langelier est particulièrement déprimante. Tout le contraire de l’esprit que je crois nécessaire de faire (re)naître pour pouvoir rêver ensemble — pour bâtir une société vigoureuse, qui saura relever les défis qui se présentent à elle (aussi impressionnants puissent-ils être).

Extraits:

«Bien sûr, plein de choses remarquables se sont produites, au cours de ces dix années: des prises de conscience, des avancées indéniables, des victoires de toutes sortes. (…) nous avons eu droit à beaucoup de pas dans la bonne direction. Mais alors que le rideau s’apprête à tomber sur les années 10, tout porte à croire qu’au final, cela n’aura pas été assez.

Le mur, nous allons droit dedans.

Et chaque jour qui passe, il devient plus irresponsable de faire semblant que la situation n’est pas désespérée. (…)

La fin de cette décennie marque certainement la fin de notre monde, cette bulle de paix et de prospérité que la plupart d’entre nous, Occidentaux, avons connue depuis 75 ans.

Nous nous retrouvons devant un avenir imprévisible où tout sera à réinventer, repenser, improviser. C’est là que  nous pouvons nous permettre d’espérer: nous serons forcés de reconstruire nos sociétés.

Mais ce ne devra pas être un espoir fondé sur la possibilité que les choses aillent mieux. (…)

Il faudra nous préparer à la tempête qui nous attend. Faire des plans de contingence, nous prévoir des sorties de secours. (…)

Alors que s’annonce une nouvelle décennie dont les contours n’augurent rien de bon, [il faut continuer de] chercher du sens dans un monde qui s’en va chez le diable. (…)

Des enfants courent et crient autour de moi. Des enfants comme celui que j’étais et ceux que je n’ai pas eus, trop occupé à autre chose. Des enfants assez jeunes pour se rendre à 2100, en théorie.

De quelles tragédies seront-ils témoins? Avec quelle mélancolie repenseront-ils un jour à l’été 2019?»

***

Tous les textes du seizième numéro ne sont pas aussi noirs, mais l’ensemble reste très sombre. Je n’ai pas trouvé beaucoup d’inspiration, dans ce Nouveau projet.

Et ce n’est certainement pas le souvenir d’un père qui a cette attitude, ce genre de rapport à l’avenir, que je souhaite laisser à mes enfants.

Je pense que l’avenir est ailleurs.

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