Arrêter de culpabiliser les gens, individuellement

Dans la courte vidéo présentée dans ce tweet, Cyril Dion — co-réalisateur de Demain et auteur du Petit manuel de résistance contemporaine (que j’ai commenté ici) — explique que nos gestes individuels ne sont responsables que dans une faible proportion, ou très indirectement, des problèmes climatiques et environnementaux.

L’émission dont est tirée cet extrait peut être visionnée entièrement ici.

C’est aussi ce à quoi faisait référence Jedediah Britton-Purdy dans le texte dont j’ai cité des extraits hier:

« As an American, [my child] can expect to emit 16 metric tons of carbon a year, compared with five for a French newborn and about two for a baby in India or Indonesia. Unless he’s a saintly hermit, he’ll have little personal choice about that carbon load. Most of it is dictated by the roads, engines, and sources of energy that will keep him cool or warm, provide his food, and move him around. He can’t opt out of these systems without opting out of human life as we live it now.»

Je pense que c’est aussi ce dont veut tenir compte le mouvement Extinction Rebellion quand il intègre dans ses principes fondateurs:

8. we avoid blaming and shaming — We live in a toxic system, but no one individual is to blame.

Tout ça pour dire qu’il y a clairement une limite à faire porter individuellement sur les gens la responsabilité des gestes à poser pour faire face aux changements climatiques. C’est même parfois un leurre — comme quand on récupère les matériaux recyclables aux portes des maisons pour, en définitive, les enfouir avec les ordures!

Chacun d’entre-nous doit bien sûr consommer moins, recycler davantage, privilégier les modes de transports collectifs et une alimentation de proximité — mais c’est à l’organisation même de la société qu’on doit accorder prioritairement notre attention. 

Et c’est là que le leadership politique devrait s’exprimer le plus clairement.

Une réponse sur « Arrêter de culpabiliser les gens, individuellement »

  1. Politique ET commercial. On a besoin de grands fabricants qui DÉCIDENT de faire mieux (d’éliminer le plastique des emballages, les additifs toxiques des produits, les parties non réparables, etc.). Ils récolteraient les consommateurs, alors ce serait à leur avantage. Et ça serait plus rapide qu’attendre que le politique mette ses culottes climatiques! Je pense que nos gestes individuels ne donnent pas grand chose, finalement (toutes proportions gardées): on se fait jeter le blame et la responsabilité, on culpabilise sans pouvoir faire grand chose de plus, et pendant ce temps les géants commerciaux causent bien plus de dommages que nous réunis (en notre nom, et sans culpabilité ni responsabilité en plus!). Il est temps de renverser la vapeur (plus que temps, ça presse!). Y me semble qu’on en est là. Où sont les meneurs de ce changement?

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